Vous avez bien réfléchi et avez pris la meilleure décision de votre vie : le sport est la solution à tous vos problèmes ! Vous allez perdre du poids, avoir une abondance d’énergie à mettre dans le travail, sculpter votre corps et vivre jusqu’à cent ans. Vous vous êtes même fixé l’objectif de courir votre premier marathon dans un an. Cette fois c’est la bonne, vous êtes déterminé plus que jamais ! Plus question de lâcher comme les 10 fois d’avant.

Vous passez à l’action

Première des choses, vous vous achetez de nouveaux vêtements de sport, une montre qui enregistre votre pouls et vous géolocalise, et vous téléchargez la dernière appli de coureur. Nous avons tous besoin de quelques fétiches pour rendre la chose plus concrète. Vous êtes prêt. Vous faites vos premiers footings et vous vous sentez encore plus déterminé.

Et puis, vous en parlez à quelqu’un. En passant, parce qu’on vous a demandé de vos nouvelles et que la conversation y a mené tout naturellement : « Je me prépare à courir mon premier marathon dans un an ». C’est un proche bien sûr, quelqu’un qui vous veut du bien, qui ne risque pas de vous jeter le mauvais œil. Vous n’êtes pas superstitieux, mais on ne sait jamais.

Les encouragements sont toujours les bienvenus, n’est-ce pas ? Il ajoute même qu’il sera derrière vous, qu’il ne vous laissera pas abandonner. Ça vous gonfle à bloc. C’est ce que vous cherchiez, être encouragé et responsabilisé. Vous vous êtes engagé vis-à-vis de vous-même et vis-a-vis de quelqu’un. Vous n’avez plus le choix et c’est tant mieux !

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Grosse erreur !

Eh bien, non, vous auriez dû garder votre objectif pour vous.

Ce n’est pas une question de superstition, des études l’ont démontré.

L’expérience scientifique

Derek Sivers, dans cette vidéo de 3 minutes présentée à la conférence de TED en 2010 et que je vous encourage vivement à regarder, fait état des études qui aboutissent à cette conclusion.

Extrait : « 163 personnes dans 4 tests différents , chacun écrit son but personnel, une moitié annonce son engagement vers ce but aux autres, l’autre moitié non. Ensuite, chacun a 45 minutes de travail pour se rapprocher de son but, mais peut s’arrêter quand il le veut. Ceux qui se sont tus ont travaillé les 45 minutes, en moyenne. Quand on les interroge, ils disent qu’ils ont eu l’impression qu’il leur fallait encore beaucoup de temps pour y arriver. Ceux qui avaient annoncé leur but, se sont arrêtés après 33 minutes, en moyenne. Quand on les interroge, ils disent qu’ils se sentent beaucoup plus proches de leur but. »

Mais pourquoi ?

On ne vous veut pas que du bien

Tout d’abord, les gens à qui vous parlez ne sont pas impliqués dans votre décision. Votre réussite ou votre échec ne les affectera pas directement. Ce qui vous arrive les intéresse certainement, mais ce n’est pas leur première priorité. Avec eux, vous êtes dans le domaine des relations sociales : ils veulent être gentils, que vous vous sentiez aimé et soutenu. Et quand viendra le temps de vous reprocher de ne pas tenir vos engagements, ils ne voudront pas vous blesser, il essaieront d’être compréhensifs et gentils pour que vous continuiez à vous sentir aimé et soutenu.

À part quand c’est un mentor avec lequel vous avez un engagement mutuel, à quand remonte la dernière fois qu’un de vos proches vous a engueulé parce que vous n’aviez pas tenu un engagement vis-à-vis de vous-même ?

Il est rare de s’entendre dire : « tu ne peux pas compter sur toi-même ! » On entend plutôt : « je ne peux pas compter sur toi. » Ça ne les intéresse vraiment que quand votre engagement les concernent directement.

Et ça, c’est le meilleur des cas. En général, les gens n’ont simplement pas le temps. Ils ont une vie assez compliquée comme ça pour s’alourdir avec les objectifs des autres. On ne vous veut pas du bien, on veut vous faire du bien. Pour valider une décision, il faut y réfléchir, bien évaluer la situation et bien vous connaître. Or, que vous ayez réussi ou échoué, les autres vous diront ce que vous avez besoin d’entendre pour vous sentir mieux, pas ce qui vous fera réussir.

Les autres parlent d’eux-mêmes

Quand quelqu’un vous écoute, dites-vous qu’il ne peut rien dire (ni penser) qui entre en contradiction avec ses propres choix. S’il y a une situation qu’il a vécu qui ressemble à la vôtre et qu’il a pris une certaine décision, il vous encouragera à prendre la même décision. Car sinon, il avouerait qu’il n’avait pas pris la bonne décision et que son échec lui incombait totalement.

Et a contrario, si sa décision avait été une erreur, il vous dira de ne pas suivre son exemple. Même si votre situation est différente, que vous êtes différent, ce ne sont pas les aspects objectifs qui comptent, mais sa cohérence vis-à-vis de lui-même.

La satisfaction avant l’effort

Enfin – et je pense que c’est le plus important, quand on s’engage dans un travail, on anticipe un sentiment de satisfaction lorsqu’on le réalisera. Cette promesse de satisfaction constitue une importante motivation.

Or, lorsqu’on en parle et qu’on obtient de la validation et des encouragements, on obtient déjà une forme de satisfaction. Et comme le cerveau confond la réalité et l’imagination, au moins sur le plan des émotions, tout se passe comme si on ressentait la satisfaction finale préalablement à l’effort.

La pression d’en avoir parlé

Du coup, c’est comme si on mangeait la carotte avant l’effort qui nous ferait gagner cette carotte, ou comme si on nous donnait notre salaire au début du mois ou nos dividendes en début d’année. Imaginez-le un instant. Si on vous donnait vos dividendes avant que vous ne fassiez du bénéfice, ne vous sentiriez-vous pas sous pression ?

C’est comme si vous aviez une dette à payer. Et puisque le résultat est incertain et dépend beaucoup de vos choix, vous tromper vous est interdit. Ça génère du stress qui risque de vous faire échouer.

Conclusion

Simple. Gardez vos objectifs pour vous.

Quand vous parlez de vos objectifs, vous vous dites peut-être que vous cherchez à être encouragé et responsabilisé. Mais la plupart du temps, vous cherchez de la validation, du réconfort et de la reconnaissance. « Bravo ! Bonne décision » n’est non seulement pas assez pour y arriver, mais ça risque de vous faire échouer.

N’hésitez pas à commenter, raconter vos expériences ou donner votre avis.

Bon courage et à bientôt !

 

About Wahid Lahlou

Multiple entrepreneur, passionné des nouvelles technologies, Wahid a fondé GoApps pour devenir l’un des premiers partenaires G Suite au Maroc. « Les entrepreneurs, TPE et petites PME sont au cœur de notre économie. Mais pour réussir dans un monde qui ne cesse de changer, elles doivent avoir accès aux technologies les plus innovantes. »